Mali

Au bord du fleuve Niger, le sable est à la fois richesse et question de survie. Cette série de photographies, réalisée au Mali, les rives du fleuve, raconte le quotidien des populations qui en dépendent : les sabliers qui plongent en apnée pour remonter à la main sable et gravier du fond du lit, les porteurs qui chargent les pirogues au petit matin, les camions qui repartent vers les chantiers de la capitale en pleine croissance. Car à Bamako, la population a plus que décuplé en un demi-siècle, et c’est bien le Niger qui fournit les matériaux de la ville qui se construit (Malijet). Mais plus loin des ports sabliers, d’autres vivent aussi du fleuve : les maraîchers qui cultivent, sur les berges et dans les plaines alluviales, les parcelles de légumes qui alimentent les marchés. Eux aussi dépendent du sable et de la crue — celle qui, chaque année, déborde, dépose ses limons et recharge les nappes qui irriguent leurs cultures. Entre ces deux dépendances se dessine un équilibre fragile : le fleuve saigné pour la construction risque de ne plus déborder assez pour nourrir les jardins. Ce reportage donne à voir ces visages et ces gestes, entre l’effort des corps, la beauté des lumières sur l’eau, et la mute inquiétude d’un fleuve qui donne tout, peut-être plus qu’il ne peut.